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VINGT-CINQUIÈME LEÇON.
où l’on s’est partagé le territoire, comme auraient fait lesgrands vassaux de la couronne au temps de la féodalité.Contre le réseau de monopoles qui menace de nous en-velopper, il n’y a de refuge que dans la concurrence del’extérieur.
Jusqu’ici je me suis placé au point de vue du consom-mateur; c’est en effet le point de vue culminant de notresujet. La production a pour objet la consommation, etles convenances du consommateur sont celles auxquellesil faut avant tout satisfaire; je parle de cette satisfactionpermanente qui résulte du bon marché normal, tel queje l’ai défini plus haut. Mais il n'est pas superflu d’étu-dier la question dans ses rapports directs avec la produc-tion même ; c’est des intérêts de la production que semontrent préoccupés exclusivement les défenseurs de ladoctrine protectionniste. Ils représentent que, par l’a-doption d’une politique commerciale qui serait libérale,on pourrait bien momentanément contenter le consom-mateur, mais que ce serait un avantage passager quele lendemain il faudrait payer cher, parce qu’on auraittari les sources de la production et du travail en ruinantles ateliers français. Seul, leur système garantit, à cequ’ils disent, le développement du travail national etl’élévation defe salaires. Suivons-les donc sur ce terrain.
Les populations ouvrières, dans l’intérêt desquelles ilscroient parler, forment, en effet, une partie de la sociétédont on ne saurait être trop préoccupé; c’est par rapportà elles surtout que le bon marché importe, et pour ellesle bon marché, tel que nous l’avons défini, est étroi-tement lié au développement du travail et à l’élévationdes salaires. Si le système prohibitionniste était le pluspropre à développer le travail national et à provoquerla légitime hausse des salaires, je n’hésite pas à le dire,je me rangerais parmi ses partisans et vous conjure-