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Oùla défense est-elle écrite? Et pourquoi s’adresse-t-on à la raison des sujets, en motivant une loi?N’est-ce pas pour les persuader? Et la persuasionsera-t-elle libre, si l’on ne permet pas aux objec-tions de naître ?
Je puis me pourvoir contre un rescrit particulierdu prince, s’il blesse mon droit, dire qu’il a etcsurpris à sa religion, demander qu’il soit révoque'et que l’on n’y ait aucun e'gard ; et je devrai restermuet si une loi me paraît préjudiciable à moi et àtous mes concitoyens! La communauté d’intérêts,celle des mœurs et des souffrances qui peut endériver, n’est-elle pas un motif encore plus déci-sif de rompre le silence ?
Les princes les plus absolus , mais qui étaientéclairés en même temps, n’ont jamais été de cet avis.Catherine de Russie , le grand Frédéric , provoquè-rent publiquement les opinions de ceux mêmes deleurs sujets qui n’étaient pas revêtus d’emplois pu-blics, sur les matières législatives; et ils ne croyaientpas que leurs avis fussent moins bons parce queceux qui les donnaient n’étaient pas revêtus de pour-pre , chamarrés de cordons, et ne touchaient pas degros appointements.
Leroi Charles-Félix lui-même, dans l’édit quifait l’objet de nos observations et dans d’autres,ne tient-il pas compte des plaintes, des regrets, desvœux de ses sujets? Le vœu d une nouvelle loi n’est-