DE MORGARTEN.
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tiers et les principaux seigneurs attachés à sa maison,pour les consulter sur la manière de réduire enfin àson obéissance ces trois cantons, jusqu’alors si in-domptables ; il était surtout fortement sollicité à trai-ter avec la dernière rigueur ces rebelles montagnards,comme il les appelait, par un comte de Montfort quiavait à s’en plaindre personnellement, et par l’abbéJean d’Einsicdlen, réclamant son secours à titre deprotecteur de l’abbaye, contre gens qui, tout récem-ment y étant entrés de force, avaient brisé les autels,pillé le couvent^, et emmené prisonniers quelquesmoines à qui la liberté n’avait été rendue qu’aprèsavoir payé une grosse rançon et prêté serment de nejamais poursuivre la vengeance de cette injure.
Il ne faut cependant pas croire, comme la plupartdes historiens le prétendent, que toute la noblesse desenvirons fut acharnée contre les confédérés; bien aucontraire, elle craignait que la maison d’Autriche nel’emportât; elle sentait le besoin d’un contrepoids àsa puissance, et dans toutes ses querelles, elle avaittoujours trouvé dans les trois cantons des conciliateursou des soldats. D’ailleurs, sauf leurs dissensions avecl’abbaye d’Einsiedlen, que le caractère ombrageux deses moines, alors tous de la plus haute noblesse, ren-dait interminables, les Suisses étaient de bons voi-sins , toujours prêts à rendre service.
Frédéric, comte de Toggenbourg et vassal de Léo-pold , voyant la tempête qui allait fondre sur les troiscantons, dont il avait beaucoup à se louer, voulutintervenir comme médiateur entre les deux partis. Il