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BATAILLE
Strassberg devait, avec tous les soldats qu’il auraitpu rassembler dans les vallées de Hassli, de Fru-tigen et des deux Siebenthal, passer le Brünig, ettomber sur le haut Unterwald, dégarni de défen-seurs ; tandis que pour faire encore une autre diver-sion , les milices de Lucerne, de Willisau, de l’Entli-bucli et des pays voisins, iraient débarquer dans le basUnterwald et le ravageraient jusqu’au pas de Kerns,qui fait la communication des deux vallées, où ellesse joindraient au corps commandé par Strassberg.
Ces mesures parurent d’autant meilleures quel’astrologue de Léopold en lut dans les astres l’infail-lible succès; il n’en fut pas ainsi de son fou nomméCuni de Stocken ; ce dernier qui entrait librement par-tout , ne manqua pas d’assister au conseil de guerre ;quand le plan de la campagne fut en règle, Léopoldlui demanda : « Et toi, Cuni, que t’en semble? » —« Rien de bon, » dit-il. ■— « Pourquoi donc? » —■« C’est que vous avez tous délibéré par où il fallait» entrer dans le pays, mais personne n’a avisé par» où vous en sortirez. »
Une foule de seigneurs titrés et de gentilshommescomposaient l’armée de Léopold. On y voyait les ban-nières des comtes de Kibourg, de Habsbourg, deMontfort, des barons d’Halhvyl, de Bonstetten , deLandenberg, de l’abbé d’Einsiedlen; les villes voisinesde Thurgovie et d’Argovie avaient fourni leur con-tingent ; Zurich seul y avait cinquante deux hommesd’armes, vêtus aux couleurs de la ville, en uniformehleu et blanc.