ANECDOTES.
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présent qu’il est devenu leur hôte et qu’il a mangéavec eux, ils ne peuvent, sans se déshonorer, violerles saintes lois de l’hospitalité si révérées de toute an-tiquité dans leurs montagnes. Quand il les voit ébran-lés, il fait un signe ; le baron s’avance en tremblant,tombe à genoux, demande grâce en avouant sa faute :alors les paysans lui pardonnent tous d’une voix, avecsérieuse injonction de n’y plus retourner. C’est ainsique pour obtenir justice, s’il vaut mieux en appeler àPhilippe à jeun, cette anecdote semble prouver qu’iln’en est pas de même pour obtenir grâce.
Quand il s’agit de réformer un abus, les exemplesvalent peut-être mieux que tous les raisonnements.C’est pour cela qu’il importe à l’humanité d’arracherà l’oubli et de consigner dans les annales de la juris-prudence criminelle toutes les suites atroces de laquestion. Un temps viendra sans doute, et il n’estpeut être pas éloigné, qu’on rougira de prononcer seu-lement le nom de torture dans nos tribunaux, que lesjuges ne voudront plus être confondus avec les bour-reaux, en changeant les informations en supplice, etque le code de sang qui l’ordonne ne sera qu’un mo-nument affreux des siècles barbares qui le virent naî-tre. Parmi les faits de ce genre qui crient vengeanceet s’élèvent en jugement contre ce prétendu moyen dedécouvrir la vérité, en voici un que les annales ma-nuscrites de Neuchâtel nous ont conservé, et qui mé-rite une plus grande publicité dans un temps où l’on