SUR UES GRISONS.
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montagnes presque inaccessibles, furent rasés de fonden comble; leurs ruines couvertes de mousse et om-bragées de noirs sapins, se voient encore éparses çàet là. Le berger libre et tranquille contemple aujour-d’hui avec mépris les humbles restes de ces tours me-naçantes, que ses pères ne regardaient jadis qu’avecterreur.
Retraçant à mon esprit le tableau des événementspassés et des générations oubliées, je m’assis en si-lence et je me reposai à l’ombre de ce tilleul uniquede son espèce dans toute la vallée : cet arbre étend auloin ses nombreux rameaux ; il est vrai qu’accablé devieillesse, miné par l’écoulement de tant de sièclesdont il a vu les révolutions, il ne se soutient plusqu’avec peine et ne tardera pas à affliger le vallon desa chute ; mais du moins on dira toujours : « Là étaitle tilleul de la liberté ; » et l’on se rappellera la mé-moire des temps anciens.
Près du tilleul, on voit une petite église bâtie ensouvenir du recouvrement de la liberté : sur le côtégauche de sa façade sont représentés les trois libéra-teurs jurant la première alliance : quoique grossière-ment travaillé, ce tableau est trop intéressant pour nepas mériter l’attention. Ils sont représentés deboutsous l’arbre qui se partage en trois branches au-des-sus d’eux : l’abbé de Disentis, avec l’habit de sonordre, la tète découverte, lève les trois premiersdoigts de la main ; manière dont encore aujourd’huiles Grisons prêtent serment. Quelques paysans sansarmes sont derrière lui. A sa droite est le comte de