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Tome premier.
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SUR LES GRISONS.

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pour que les Muses qui aiment la paix puissent s’y éta-blir ou seulement y faire quelque séjour. Voici deuxexemples assez récents de ces crises républicaines.

La dissension se mit dans le siècle passé entre deuxcommunes de la basse Engadine, c’est-à-dire, à peude chose près, entre deux petites républiques. Un di-manche , à la sortie du service religieux, le pasteurse met en marche avec ses compatriotes : ils entrentdans la commune ennemie, chargent de coups de bâ-ton tous ceux qui font résistance, assiègent, forcent etpillent la maison du landamman, et après avoir mangétous ses fromages et bu tout son vin, ils regagnentleurs foyers en triomphe. Que fît-on? rien... l’Etat nes’en mêla pas ; les communes voisines intervinrent parquelques bonnes paroles, et les deux parties belligé-rantes se réconcilièrent. Ces sortes de scènes ne sontpas rares ; aussi dans ce pays je suis le seul à m’enétonner : le peuple même fait consister en de pareilleschoses une bonne partie de sa liberté. Voici plus.

En 1764, deux factions divisaient les Ligues ; lesélections des députés à la diète générale se trouvaienttrop ouvertement gênées ; de vieilles haines se rallu-mèrent, de nouvelles prétentions se montrèrent , etles paysans ne parlaient de rien moins que d’allerprendre Coire ; car de tout temps ils n’ont pu souffrirque cette ville voulut avoir aucune prépondérance, etse donnât les airs de capitale. Un noble fut arrêté etemprisonné par eux dans une vieille tour ; on prétendmême qu’il fut question de le pendre ; d’autres disentqu’on le gardait seulement pour otage. L’un des partis

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