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LE NOYER DE JEAN-JAQUES
LE NOYER DE JEAN-JAQUES
ET LE TILLEUL DE TRONS.
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Jean-Jaques Rousseau nous apprend au premierlivre de ses Confessions que dans sa première enfanceil fut mis en pension avec un cousin de son âge, chezM. Lambercier, pasteur de Bosscy, village alors dé-pendant de la république de Genève, et depuis rentrépar échange sous la domination de Savoie. Pendantson séjour dans ce village, le pasteur, pour donner del’ombre à sa terrasse, y fit planter un noyer. La plan-tation de cet arbre se fit avec solennité; les deux jeu-nes pensionnaires en furent les parrains, et tandis *que l’on comblait le fossé, ils tenaient l’arbre chacund’une main avec des chants de triomphe. On fit pourl’arroser une espèce de bassin tout autour du pied.Chaque jour, ardents spectateurs de cet arrosement,ils se confirmaient, son cousin et lui, dans l’idée qu’il i
était plus beau de planter un arbre sur la terrasse t
qu’un drapeau sur la brèche. Après avoir raconté lacharmante histoire d’un saule qu’ils voulurent planter ,tout seuls et de l’espèce d’aqueduc qu’ils construisi- lrent pour l’arroser, Rousseau que nous transcrivonsajoute : « L’idée de ce noyer et la petite histoire qui s’y ♦» rapporte me sont si bien restées ou revenues, qu’unde mes plus agréables projets dans mon voyage de» Genève en 17S4, était d’aller à Bossey revoir les» monuments des jeux de mon enfance, et surtout le