SUR A.NDKE WEISS.
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Plus Weiss avait vécu dans le tumulte des grandes
sociétés, plus il aimait les champs et la solitude.
Peu après son retour en Suisse, il acheta une campa-gne dans l’enceinte de l’ancienne capitale des Raura-ques, maintenant chétif hameau qui n’a conservéde sa gloire passée que la première syllabe de sonnom 11 .... Tout le reste a été la proie et des barbareset du temps. La lecture , la promenade , la sociétéd’un petit nombre d’amis choisis, quelquefois la chasseoccupaient ses loisirs dans sa retraite d’Augst : là, dansun jardin des plus romantiques, au confluent du Rhinet de l’Ergolz, ayant devant lui une île charmanteau milieu du fleuve, placé entre les dernières pentesde la Forèt-Noire couvertes de villages et de vignobles,et les collines occidentales du Jura couronnées de ro-chers et de vieux, châteaux, il aimait à se recueillir età méditer en silence, il laissait tour à tour errer sesyeux et ses pensées sur les beautés toujours renais-santes de la nature, et sur les ruines des ouvrages pé-rissables de l’art_il foulait souvent dans ses promena-
des solitaires une terre encore empreinte des vestigesdes anciens Romains, et, s’asseyant au milieu de cesmélancoliques débris, il s’appliquait dans son dernierâge ce mot d’une lettre de Sulpicius à Cicéron : Heu !nos homunculi, indigmmur si quis noslrûm inlerit,
cum tôt oppidorum cadavera projecta jaceant . ou
plutôt il vieillissait, suivant son expression, entre lessouvenirs de la destruction et les espérances de l’im-mortalité.
Dans les deux dernières années de sa vie, il se re-