SUR ANDRÉ Wt.ISS.
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Il conserva jusqu’à son dernier soupir une âmelibre et ferme, et cette gaîté froide qui avait toujoursfait partie de son caractère ne l’abandonna jamais ;témoin ce mot qu’il adressa peu d’heures avant sa
mort à ceux qui l’environnaient. « Je voudrais
qu’on fît venir mon médecin pour avoir le plaisir demourir selon toutes les règles de la faculté : je luiaccorderais bien volontiers les honneurs de la séance. »Je n’ai pas besoin de dire qu’il fut placé dans le sépul-cre de ses pères, au milieu des regrets de sa famille,de ses amis particuliers et de tous les honnêtes gens...Dans les beaux siècles de Rome, il aurait eu un tortsans doute, celui de mourir célibataire sans s’être re-produit dans des enfants dignes de lui. Mais nosmœurs actuelles, et plus encore ses circonstances per-sonnelles, le disculpent pleinement.
La bienfaisance qui l’anima pendant sa vie, se ma-nifesta dans ses dispositions testamentaires d’une ma-nière digne de tous nos éloges.... Il fit d’abondanteslargesses à presque tous les établissements de charitéde sa patrie, et il entoura sa mémoire des bénédictionsde l’indigence. Je ne parlerai ici que de deux legs decinquante louis chacun : l’un pour la caisse des pau-vres du village d’Augst, afin sans doute de confirmerce qu’il disait un jour : « Je ne veux pas que ces tristesrestes des barbares me confondent avec ceux qui ne sesont arrêtés dans cette belle contrée que pour la déso-ler : » l’autre, pour la bibliothèque de l’université, estspécialement destiné à acheter les principaux ouvragesde l’histoire helvétique, que tout vrai Suisse doit pos-