DES TEMPS PASSÉS.
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mais rien n’auoit profité d’iceulx sçauoir et medica-mens : puis auoit faiet beaux pèlerinages et beauxpresens à nostre dame de Lausanne, à nostre dame desHennites, uoire tout depuis peu à nostre dame deLorette : mais tout de mesme estoit et pis encore : cartousiours lamentant et plorant, uiuoit en amertumedans son bon chastel de Gruyères, disant à tous uenansque plus n’y auroit pour elle lyesse et soûlas en cestuybas monde, si Dieu et nostre dame ne luy octroyoyentpas sa requeste d’estre par quelqu’ung mere appel-lee, et (pie trespassement mieulx luy duiroit que sté-rilité tant longue. Et non loing du chastel par embas,dans ung petit clos jouxte la Sarine , estoit une cha-pelle de nostre dame de bon secours : si que deuersle soir, souuentesfois y descendoit - elle, pour direses patenostres et requérir ung beau fils; et portoitalors par deuote humilité, non ses beaux atours degrand’dame, mais tant seulement grosse robe de bureauec la cape noire, tout ainsi que faiet pauure femmeen deuil de son mary.
Or aduint-il qu’ung soir étoit là allee toute seuletteet ainsi pauurement vestue : et voilà que le uent d’au-tomne enleuoit les feuilles seches des arbres et que leciel estoit tout sombre et tumultueux comme pour unetempeste et que la nuyct tomboit froide et obscure :et dans ung coin de la chapelle estoit à deux genoux lanoble dame, leuant ses beaux yeux bleux devers nostredame et l’enfant lesus qu’estoyent sur l’autel, plorantet gémissant pitoyablement, tout ainsi que la mere dusainct prophète Samuel requeroit à toute force ung