POKSIKS.
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De tant aimer celle qui point ne l’aimeHerbe ni temps ne peuvent le guérir.
Et de son cœur sa devise est l’emblème,Blanche ou mourir.
Blanche ni mort n’ont écouté sa plainte,Nulle des deux ne répond à sa voix :
Lors de Bernard la raison s’est éteinte,Par un beau jour il fuit au fond des bois,A l’Avençon jette sa bonne armure,
Brise sa lance, et dans un antre affreuxDes durs chamois partageant la pâture,Vit avec eux.
Point ne passez vers cette roche noireSans lamenter Bernard et ses malheurs,Et par pitié de sa tant triste histoireVersez des pleurs.
Tout vis-à-vis haute roche est placée,
D’où voir se peut de Blanche le châtel ;
Là vient Bernard dans sa triste penséeSe lamenter d’un sort par trop cruel.
Que ciel soit clair, ou que nuage y traîne ,Tout au sommet monte matin et soir,
Et regardant en bas de vers la plaine,Blanche croit voir.
Lors racontant la peine qu’il endure,
Le malheureux la requiert humblementD’avoir pitié de sa triste aventure.
Et de finir son âpre et long tourment :Quand par l’hiver nature désoléeRobe de neige aux montagnes mettait,
Sur le rocher, bravant bise et gelée,
Bernard chantait :
« Cruelle Blanche, insensible à ma peine,Qu’amour fidèle oneques n’a pu toucher,Bien moins que toi tigresse est inhumaine,Et bien plus dure es-tu que ce rocher :Flambeau d’amour, de toi quand il s’approche,Va s’éteignant sans flamme et sans chaleur ;Et dans l’hiver moins froide est cette rocheQue n’est ton cœur. »