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POESIES.
Là chacun danse et s'accompagneDu refrain cent fois répété :Honneur à la verte montagneOù nos troupeaux passent l’été.
Amour ne se plaît d’ordinaireDans la foule, ni dans le bruit ;
Vers un recoin plus solitaireBenoit sa Lise avait conduit :
Là sur la joubarbe fleurieAssis tout au bord du rocher.
Bercés par tendre rêverie,
Leurs cœurs émus vont s’épancher.
Regardant en bas vers la plaineOù serpente maint clair ruisseau,Benoit dans la vapeur lointaineCroit reconnaître son hameau :
C’est là, dit-il, ô douce amie!
Qu’en mutuel attachementEnsemble coulerons la vie.
Et vieillirons en nous aimant.
Lors se levant. Lise attristée :
Ne puis, dit-elle, me calmer...
D’une crainte suis tourmentée ;
Si Benoit cessait de m’aimer!...
De ce penser qui m’importune,
O doux ami ! faut me guérir :
Si m’attendait telle infortune,Aujourd’hui vaudrait mieux mourir.
Chagrin de sa peine cruelle,
Benoit, pour la mieux rassurer,
Se penche en soupirant vers elle.
Et dans ses bras veut la serrer.
Lise chancelle , son pied glisse,
Et Benoit qui la secourait.
Du roc en bas le précipiceTombe avec elle et disparait.
Bientôt, dans une même bière,
En pleurant on confond leurs os,
Et sur le mur du cimetièreSous leurs noms on grava ces mots :