POÉSIES.
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Pour donner avis importantIl demande courte audience,
L’obtient sans peine au même instant,Et chacun fait silence.
— Le brave Arnold, de coups percé,Dans ces champs que la Sihl arroseSous vos yeux périt l’an passé;
Je suis sa fille et j’ai nom Rose.
Non frère Albouin pour sa moissonEst sur les rives de la Thure,
Loin de moi, loin de sa maison,
Et j’ai pris son armure.
Plus que force, ruse il nous faut.
De l’ennemi qui nous menaceEt croit nous prendre sans assaut,
La petite troupe est bien lasse.Gardons-nous de nous alarmer;
Le tromper est facile chose :
Femmes et filles faut armer;
C’est le conseil de Rose.
Le sénat 1 , approuvant l’avis.
De s’armer soudain leur ordonne:
Ses ordres bientôt sont suivis.
Et chaque femme est amazone.Plusieurs, sous le pesant acier,
En chancelant marchent à peine ;
Mais le péril fait oublierEt meurtrissure et gêne.
L’une d’un père languissantEndosse le harnais antique :
L’autre de son époux absentMet la cuirasse et prend la pique.
La fille, dans son bouclier.
Pour mieux voir son maintien , se mire :La femme affecte un air guerrier,
Se pavane et s’admire.
Déployant le grand étendard,
Au son bruyant de la trompette,
En bel ordre, droit au rempart,
La troupe marche, Rose en tète.