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POÉSIES.
Il le tire , et près d’ellePar terre tombe en pleurs :
— Relève-toi ; ta Claire fut fidèle :
Je te le prouve , et contente je meurs.
Lors de sa longue lance ,
Fernand veut se percer :
— Arrête donc ! tu vois mon innocence ;
Tu dois , Fernand, vivre pour l’annoncer.
Dieu grâce va me faire :
Ne me manque plus rien....
Plus rien qu’un drap pour y coudre de ClaireLe corps brisé ; car son âme est à bien.
— De ma propre furie ,
O mort, viens me sauver !
— Non , tu vivras ; Claire en mourant t’en prie ,Pour notre enfant il faut te conserver.
— S’il demande sa mère ,
Que lui dirai-je ? hélas !
— Tu lui diras.... qu’elle s’appelait Claire....
Qu’elle t’aimait.et mourut dans tes bras...
Notice sur la romance précédente.
L’histoire qui fait le fonds de cette romance est arrivée, il ya plus de cinq cents ans , dans le pays Grison. Au commence-ment du dernier siècle , un officier Espagnol faisant la guerreen Valteline , en recueillit la traduction et en fit le sujet d’uneromance Castillane que M. Bouchaud cite comme un modèlede naïveté, dans son essai sur la poésie rhythmique. M. Fréron,rendant compte de cet ouvrage dans ses feuilles de 1704, rap-porte cinq ou six couplets de la même romance , qui ont donnél’idée du ton et de la manière dont ce sujet pouvait être traitéen français : c’est par une marche aussi singulière que cetteromance nationale est revenue d’Espagne en Suisse. Elle est engrande partie dialoguée , et les interlocuteurs sont Claire ,le chevalier Fernand mari de Claire , et la mère de Claire.