Band 
Tome premier.
Seite
313
JPEG-Download
 

POÉSIES.

513

put soustraire par cette innocente ruse son mari tout seul; carcent hommes qui composaient la garnison de ce château ou

Ï ilutôt de ce repaire de brigands, incommode à tout le voisinage,urenttous passés au fil de l’épée.

I.A TOMBE DTSMEA'E.

Plongé dans le deuil, dans les larmes,Je revois l’aube du matin,

Et je ne trouve plus de charmesQu’à me rappeler mon chagrin.

Soit que le soleil disparaisse ,

Soit qu’il éclaire le vallon,

Toujours de ma chère maîtresseMa bouche répète le nom.

Souvent sur l’écorce d’un sauleMa main trace un chiffre chéri ;

Mon tendre cœur qui se désole,

Par ses maux, hélas ! est flétri.Qu’elle était belle, mon Ismène,

Et comme elle savait aimer !

Tout resserrait la douce chaîneQu’amour entre nous sut former.

Mais la mort, trompant ma tendresse,A brisé cet heureux lien.

Ismène expire... elle me laisse...

Et son tombeau n’est pas le mien !Ainsi que gémit la colombeDont on vola les œufs sans bruit,

Je m’en irai dessus sa tombe,

Et lamenterai jour et nuit.

A l’écho je ferai redireLe triste chant de ma douleur,

Et ma voix aura soin d’instruireBois et ruisseaux de mon malheur ;Jusqu’à l’instant que, plus humaine,La mort, terminant mon tourment,Vienne rejoindre à son IsmèneCelui qu’elle aima tendrement.