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Tome premier.
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POÉSIES.

Leurs cœurs, toujours d’intelligence,L’un pour l’autre semblaient formés,Et depuis leur première enfanceIls s’étaient constamment aimés.

Longtemps aux mêmes pâturagesIls conduisirent leurs troupeaux,

Et leurs cornemuses sauvagesFrappèrent les mêmes échos.

Enfin depuis un an le prêtreA béni leur sincère amour ;

Comme un fils qui vient de leur naîtreCet amour croît de jour en jour.

Couronné de neige et de glace,L’hiver, tyran de ces vallons.

N’offrait qu’une blanche surfaceDu Rhône à la cime des monts :

A peine de leurs noires têtesLes arbres de ces froids climats,

Les sapins bravant les tempêtesCoupaient la blancheur des frimas.

Attendant le retour prospèreEt du printemps et des zéphirs,

Tous deux sous leur toit solitaireA s’aimer bornaient leurs plaisirs.Seulement la voix de l’orageGrondant sous un ciel ténébreux,

Et des eaux le bruyant passageTroublaient le calme de ces lieux.

Un matin que perçant la brumeQui couvrait ces tristes déserts,

Le soleil pour eux se rallumeEt réchauffe un moment les airs,Ferdinand quitte sa compagnePour suivre l’agile chamois,

Et le voilà sur la montagneErrant dans l’épaisseur des bois.

L’approche de la nuit tombanteAllait ramener Ferdinand,

Et son épouse impatienteCroyait le voir à chaque instant.