ECCUÎSUSTHllES.
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avait construits, comme en fait foi une chartre de 1178, signéede lui et consentie par son fils Berthold V. Guichenon nous ena conservé deux antérieures à celle-ci ; l’une par laquelle l’em-pereur Frédéric confirme, pendant son séjour à Besançonen 1135, tous les droits et privilèges de cette abbaye; et l'au-tre , qui n’est qu’une répétition de la précédente, fut accordéepar son petit-fils, lorsqu’il fit son entrée à Spire en 1236 8.
La reine Berthe avait un grand goût pour les fondationspieuses, qui la porta à enrichir plusieurs autres couvents ,outre celui de Payerne : elle dota magnifiquement la collégialede Soleure, fondée par une autre reine, Bertrade , femme dePépin , qui séjournait souvent à Bipp , château du voisinage;elle augmenta les possessions du couvent de Romainmôtier,dans le mont Jura ; elle bâtit des églises à Moûtier-Grandval etàS'lmier, leur assura des revenus considérables, et rétablitla communication entre elles, en rouvrant le passage de Pierre-Pertuis, et en faisant des routes à travers ces contrées alorssauvages et presque désertes.... mais les chroniques qui luiattribuent la fondation de l’église de Neuchâtel et des deuxcouvents qu'on voyait jadis dans cette ville, la confondent avecune autre Berthe, femme du comte Ulrich, qui vivait bienlongtemps après. Outre cela, cette reine bâtit ou répara quel-ques châteaux de i’Ilelvétie occidentale : on lui attribue avecassez de fondement la construction de ceux de Wufllens surMorges et de Champvent près d’Yverdon , dont l’architecturegothique annonce le dixième siècle.
Le nom de Berthe est encore en honneur dans toute la Suisseromande ; un ancien sceau la représente tenant une quenouillesur le trône : un proverbe fort connu appelle le bon temps,celui où la reine Berthe filait 3 ; et la selle, soigneusement con-servée à Payerne*, atteste par sa forme qu’elle n’était pointoisive en voyageant. — Elle eut de grandes richesses par sondouaire, mais elle les augmenta par son économie : parcourantà cheval ses vastes domaines, elle-même comptait avec sesreceveurs, passait les baux de ses fermiers, se faisait rendreun compte exact du revenu de ses nombreuses métairies et de
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* Voyez au tome IX ce qui concerne son tombeau.