D ANT0INE-I..-H. DE POLIEU.
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une bande de brigands s’insinue dans le château etenferme les domestiques dans une chambre écartée ;une partie d’entre eux montent dans l’appartementde ces deux dames et les menace de leur brûler lespieds si elles ne leur remettent argent, montres etbijoux ; l’autre partie attend à la porte extérieure lavoiture de M r Polier : elle arrive ; ils en arrachent lecolonel, le ramènent dans son cabinet, le forcent àlivrer son portefeuille d’assignats, son argent mon-nayé et ses lingots ; puis, sous prétexte que ses cavesrecèlent des trésors, il l’y font descendre, le terras-sent à coups de sabre, et comme il respirait encore,ils l’achèvent à coups de fusil.
Pendant qu’on massacre le mari, sa jeune femme,alors enceinte, est traînée dans un autre appartement,barbarement frappée et couchée en joue pour l’obligerà indiquer le lieu où étaient les trésors du colonel ;l’ayant ensuite enfermée avec sa mère et sa sœur,les brigands rassemblent les objets précieux qu’ils ontpillés ; quelques-uns sortent avec des paquets. Uncoup de fusil, lâché par celui qui faisait sentinelle,les avertit qu’il arrive du secours. En effet, un do-mestique fidèle qui s’était échappé par les toits, avaitcouru à Avignon, et, sur sa déposition, la Municipalitéavait enjoint à la force armée de se porter à Rosetti.Le maire de la commune et le commandant de la gardenationale voyant quelque lenteur, montent à cheval,et suivis seulement de trois hommes, ils arrivent augalop à ce théâtre d’horreurs. Mais ils n’y trouventque les trois malheureuses femmes ; les assassins s’é-