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Tome douzième.
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DE JEAN GEILER.

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il réclama aussi contre la tyrannie des parents et destuteurs, qui forçaient des enfants à entrer dans lescouvents; contre la simonie, qui faisait trafic des bé-néfices , les vendant, les achetant et les accumulantsur la même tête; contre la jeunesse licencieuse desSœurs Béguines qui allaient soigner les malades dansleurs maisons, voulant, crainte des désordres qui enrésultaient, qu’elles ne pussent remplir cet office avantl’âge de quarante ans. Sans attaquer directement letrafic des Indulgences, qui se faisait de son tempspour fournir, disait-on, aux frais d’une croisade contreles Turcs, il soutenait que l’argent envoyé à Rome yresterait, sans qu’on en fît l’usage pour lequel il étaitdemandé et donné ; et il appliquait à cet abus la fabledu berger, qui cria plusieurs fois au loup et se moquades laboureurs qui accouraient à son secours; maisquand enfin le loup parut, il eut beau crier, personnepe vint, et les brebis furent mangées.

D’après cet exposé de ses opinions et de ses dis-cours , on sera peu surpris du nombre et de l’achar-nement de ses ennemis, qui l’attaquèrent de millemanières: calomnies, libelles, caricatures, copiesfalsifiées de ses ouvrages, mauvais livres publiés sous

son nom, invectives dites en face ou imprimées.

tout fut mis en œuvre pour l’effrayer, le réduire ausilence et le perdre dans l’esprit des grands et du peu-ple : mais il resta ferme dans sa censure, et soutintson rôle de réformateur avec une indomptable énergie.Dans son long combat contre les abus, les scandaleset l’hypocrisie, il ne remit jamais dans son fourreau

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