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Tome douzième.
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DU CHALET.

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chemin ; il leur manquait à chacun le premier et lesecond doigt de la main droite : ils parlaient un lan-gage auquel je ne comprenais rien, qui ressemblait aubruit des corneilles (schuva) dans leurs repaires d’hi-ver. Ils me regardèrent de travers ; cependant ils mefirent signe de m’asseoir sur un gros tronc près dufoyer. Je n’étais pas fort à mon aise avec ces gens-là ;aussi par précaution je gardai ma carabine entre mesjambes. Le train du chalet continuait : on fit un petitfromage, puis un petit séret ; il y en avait déjà plu-sieurs d’alignés sur une poutre du bâtiment. Ensuitele bossu venant à moi, m’offrit un gâtelet (pain très-mince) et une pièce de viande de vache. Comme j’avaisfaim , je tirai mon couteau de ma poche ; je coupai decette viande un morceau (lelza) pas plus gros qu’untravers de doigt ; je le portai à ma bouche, et le trou-vant bien fade, je dis à demi-voix : « il y manque dusel. » A ces mots, les quatre hommes se mirent àgrincer les dents d’une manière horrible, et à me re-garder comme s’ils avaient voulu me dévorer toutvivant. Alors il me vint dans l’idée que je n’étais pasavec des chrétiens, et je me recommandai à tous lessaints du paradis, en faisant un grand signe de croix...Soudain, tout s’évanouit : plus d’hommes, plus de va-ches, plus de bruit... personne que moi dans le chalet :ne sachant que devenir, je me jetai sur un peu de foinet j’y passai une longue nuit sans fermer l’œil. Aupoint du jour, je m’aperçus que j’étais couché sur descharbons éteints : comme je mourais de faim , je prisma carabine et je furetai par tout le chalet pour dé-