LES ARGONAUTES ZURICOIS.
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dérobassent la vue de l’immense paysage dont onjouit dans les jours sereins, ils n’oublièrent jamaisleur déjeuner sur le plus haut point accessible du clo-cher de Strasbourg. Descendus dans la salle de lachancellerie, où le Sénat tient ses séances, I’Ammeisterpria, au nom de la bourgeoisie, les Argonautes deleur accorder encore deux jours. Tbomman , qui yvit quelque difficulté, passa républicainement cetteinvitation aux voix, et la majorité décida qu’on par-tirait le lendemain. Ils eurent encore le temps d’entrerau haras, peuplé d’une belle race de chevaux, et deparcourir l’hôpital, célèbre par sa bonne tenue : dansce dernier bâtiment, ils embrassèrent leur savantconcitoyen Félix Wirz, de Zurich, qui en était le ém-decin en chef, et méritait la réputation dont il jouissait,par ses travaux cliniques, ses cures brillantes et sesdécouvertes dans l’art de guérir. Il ne voulut pointse séparer d’eux sans leur offrir la coupe de l’amitié,dans une collation pour laquelle plusieurs tables étaientdressées.
A l’heure du départ, l’Ammeister, à la tête d’unenombreuse députation, vint prendre congé des Zuri-cois, et leur dit : « Chers, féaux et anciens alliés ! leSénat et la ville impériale de Strasbourg apprécientcomme ils le doivent l’honneur et l’amitié de votrevisite ; vous avez resserré les antiques liens qui unis-saient vos pères aux nôtres : rien ne pourra nous faireoublier votre voyage héroïque ; nous en entretien-drons souvent nos fils et nos petits-fils, et nous entémoignerons en toute occasion notre cordiale recon-