LES ARGONAUTES ZURICOIS'.
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du grand doyen de Zurich, la célébra dans une bellepièce de vers latins (Argo Tigurina, 1376), et récem-ment encore, en 1792, le savant Rodolphe Maurer,grand investigateur de nos anecdotes nationales, areproduit, à l’aide de détails déjà imprimés ou restésmanuscrits, cette histoire romantique, dans un styleà la fois original et plein de verve, sous le titre de :Der warme Hirsbrey von Zurich auf dm Freyschiessenzu Strassbourg : mit Kupfern. (Le potage de milletchaud de Zurich au tir franc de Strasbourg.)*
Cependant l’envie ne perd jamais ses droits, et lesflèches empoisonnées de son carquois manquent rare-ment de prendre pour but les actions les plus vantées.Peu de temps après le retour des Argonautes, parut,sous l’égide ténébreuse de l’anonyme, un pamphletvirulent qui tournait en ridicule cette navigation,attaquait grossièrement par de sanglantes épigrammesplusieurs des aventuriers, et leur rattachait des anec-dotes fausses, il est vrai, mais injurieuses au dernierpoint. Les inculpés répondirent à cette odieuse satirepar un narré sincère de leur voyage et de leur con-duite à Strasbourg, dans lequel leurs accusateurs,par représailles, n’étaient point ménagés. Le temps
* Il serait injuste d’oublier dans cette nomenclature la meil-leure des poésies faites sur ce sujet, YHeureux navire de Zu-rich (das glückhafte Schiff von Zurich) de l’un des écrivainsallemands les plus remarquables du 16 e siècle, Jean Fischart,qui vivait à Strasbourg. Ce morceau, composé peu après l’évé-nement, se distingue entre toutes les poésies de l’époque parson inspiration élevée, et par la vérité et le pittoresque des des-criptions. {Edit.)