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Tome douzième.
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AMBASSADE DES CANTONS

Sa Majesté leur avait intimé l’ordre de les mener àParis et de pourvoir à leur sûreté, à leur table et àleur logement. Le lendemain, la ville leur donna ungrand souper dans l’hôtel du duc du Maine, gouver-neur de Bourgogne. De Dijon, ils allèrent à Troyes, oùleur réception fut encore plus magnifique. Le gouver-neur Estouteville les invita à un banquet, qui dura dumatin au soir. De Troyes, ils vinrent au pont deCharenton, où se rencontrèrent Mandelot etBellièvre,pour leur souhaiter la bienvenue de la part du roi.Après un somptueux dîner, ils partirent pour Paris.A moitié chemin, voici le maréchal d’Aumont et deGuiche, grand-maître de l’artillerie, avec une grandesuite de gentilshommes, qui viennent les embrasser,et leur déclarer que chose plus agréable ne pouvaitarriver à Sa Majesté et à eux ses serviteurs, que l’al-liance avec les Suisses. L’avoyer Pfyffer, comme chefde l’ambassade , leur répondit que rien non plusn’était plus agréable aux Ligues que le renouvelle-ment de la Confédération avec la couronne de France,et à eux-mêmes que la commission qu’ils avaientreçue de leurs Etats respectifs, de venir jurer unealliance à laquelle ils seraient toujours fidèles. Alorsse présentèrent le prévôt, les échevins et autres offi-ciers de la bonne ville de Paris, richement accoustrês,qui leur firent une belle harangue sur l’ancienneamitié des habitants de cette ville et des seigneurs desLigues, et sur leur grande joie de voir l’alliance re-nouvelée ; ils les accompagnèrent ensuite jusqu’à leur