ANECDOTES.
319
rien moins qu’abolir toute religion et qui émet effron-tément le vœu qu’il n’y ait plus ni catholique, niréformé. Un ami de l’auteur , présent à cette singu-lière diatribe, répondit au dernier opinant : « Je con-viens qu’il propose d’abolir les noms des diversessectes ou communions ; mais pourquoi? afin qu’on neporte tous que le beau nom de chrétiens : je n’y voispas d’impiété. » —'Le livre inculpé était sur la table ;chacun des accusateurs montrait les passages et lesdoctrines qu’il proscrivait. Enfin le résultat de la con-férence fut qu’on ne ferait point à l’auteur l’honneurde l’inviter à la résidence épiscopale.
■mm
Un Anglais, grand helléniste, visitait avec un ecclé-siastique suisse le champ de bataille de Morgarten,et s’étonnait de n’y pas trouver quelque monumentérigé à cette victoire. Si jamais, dit-il, on y élevaitun trophée, j’y graverais, sous la date du 15 novem-bre 131 S, ces deux mots dePindare : Crépis eleuthe-rias, fondement de la liberté. —Pour moi, réponditle Suisse, qui ne suis pas aussi savant que vous, jen’y voudrais que cette phrase de Pomponius Mêla surMarathon : Multarum magnarumque rerum testis. Eneffet, si, à Marathon, 9000 Athéniens et 1000 Pla-téens ont battu 100,000 Perses, à Morgarten, 1350Suisses ont battu 15,000 Autrichiens.
mm