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Tome douzième.
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POESIES.

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POÉSIES.

L’IITIUTÉ DES VOYAGES.

Dialogue entre un voyageur Parisien et un magistrat Suisse.

Le Parisien.

Qui n’a pas bu l’eau de la Seine ,

Qui n’a pas vu Longchamp , Versailles , Tivoli,

N’a point ce tour heureux , cet air noble et poliQui gagne tous les cœurs, les charme et les entraîne.

Le Suisse.

On le dit : mais ce tact et cette urbanité ,

Mais ce bon ton si rare et partout si vanté,

Est-ce donc un secret qui ne se puisse apprendre?

Le Parisien.

A qui n’est pas Français comment se faire entendre ?

C’est un certain je ne sais quoi,

C’est une fleur de grâce, un charme, une magieQu’on ne peut définir, que le goût apprécie,

Et qui fait qu’en tout lieu Paris donne la loi.

Le Suisse.

Plaignons donc l’étranger qu’une chaîne fatale,

Des devoirs, une place, un destin rigoureux ,Condamnent à vieillir sur sa terre natale.

Le Parisien.

Sans doute il faut le plaindre; il est bien malheureux!Pour former un jeune homme il n’est que les voyages :De vingt peuples divers il apprend les usages,

Les mœurs , la politique et la religion ,

S’instruit des intérêts de chaque nation,

Et des bienfaits des arts, des fruits de l’industrie ,Revient, homme estimable, enrichir sa patrie.

C’est en France surtout, parlons sans préjugé,

Qu’on connaît et l’usage et le prix de la vie :

Bon vieillard, votre fils a beaucoup voyagé?