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COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.
compagnie qui, avec ses propres ressources, l’a, conquisen faisant le négoce, et qui l’administre sans effort,preuve éclatante de la force que l’industrie recèle et deson aptitude à se mêler du gouvernement du monde.
J’indique ces exemples pour attester la grandeur del’industrie, quoiqu’en soutenant cette thèse, je pense queje prêche des convertis. L’industrie n’est plus à deman-der qu’on la compte parmi les pouvoirs de la terre.Comme le disait de la république française l’audacieuxgénéral négociateur à Campo-Formio et à Léoben, sonexistence à titre de pouvoir est évidente comme le soleil ;elle n’a pas besoin qu’on la reconnaisse ; malheur à quine la voit pas ! Aussi est-ce un fait universellement ad-mis aujourd’hui, mais diversement interprété. Les unss’en affligent et s’en alarment, soit qu’ils regrettent lespuissances déchues auxquelles l’industrie s’est substituée,soit qu’ils jugent sans remède les maux dont l’industrieest présentement escortée. D’autres s’en réjouissent, aucontraire, et accueillent l’avénement de l’industrie avecun enthousiasme réfléchi. Je tiens à vous déclarer, Mes-sieurs, qu’entre ces deux opinions contradictoires monchoix est irrévocablement fait. Vous me verrez toujoursdu côté de ceux qui félicitent le monde de la haute for-tune échue à l’industrie. Sans me faire d’illusion sur lesmisères qui peuvent l’accompagner, je crois qu’elle estappelée à rendre les services les plus signalés à la saintecause de la dignité et de la moralité humaine, et qu’ellesera de plus en plus féconde pour le bien-être et le bon-heur des hommes.
Quelle que soit déjà son influence, quelque avenir quilui soit promis, l’industrie subit le sort des nouveauxvenus. Les fauteurs du passé, et il s’en trouve partout,même parmi ceux qui, consciencieusement, s’imaginentêtre des adversaires de l’ancien régime, lui ont presque