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Réunion de tous les discours d'ouverture - leçons / par Michel Chevalier
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DEUXIÈME DISCOURS D'OUVERTURE,passent ce que pouvaient espérer, il y a quelques siècles,les imaginations les plus hardies. Que dirait le poète quidéfiait les hommes de s’élever dans les airs, s’il voyaitnon pas nos aérostats, mais nos machines locomotives% qui donnent des ailes infatigables à des multitudes

entières ? Les forces dont dispose l’industrie modernesont incomparablement au-dessus de celles qu’au-trefois elle pouvait mettre en ligne. L’homme, aprèsavoir dompté les animaux et en avoir fait des agents in-dustriels, les a beaucoup multipliés, se créant par là,pour le travail, de vastes ressources. Par les machines,il a courbé les éléments à sa volonté, et il les fait tra-vailler à sa place. L’eau dans les mécanismes hydrauli-ques, et le feu dans les mécanismes à vapeur, ont étéainsi transformés en ouvriers laborieux, d’une vigueurextraordinaire. Par les machines encore, régularisant etdirigeant à son gré l’énergie des éléments, celle des ani-maux et la sienne propre, il leur a communiqué uneadresse et une précision qui lui ont permis d’obtenir desefforts inouïs et de créer, d’un tour de main, des pro-diges. Sous les inspirations de la physique, nous met-tons en œuvre d’autres forces naturelles* jusque-là objetsde terreur. Par la chimie, à qui peut s’appliquer ce motdu poète :

En ses heureuses mains le cuivre devient or,

nous obtenons à vil prix et nous mettons à la portée duvulgaire des produits jadis enviés par les rois. Que sera-ce donc lorsque, généralisant l’emploi de nos machines> et les applications de la science, nous aurons plié à nos

lois la portion non utilisée encore des forces de la na-ture ? et il importe de le remarquer, nous en avons desréservoirs inépuisables. Que sera-ce lorsque les meil-leurs procédés connus actuellement auront été introduits