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Réunion de tous les discours d'ouverture - leçons / par Michel Chevalier
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38 COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.

du Royaume-Uni qui soit à la fois fertile et bien cultivée,n’est que le quart de la France, 13 millions d’hectaresau lieu de 53. Elle ne suffit pas à nourrir ses habitants ;il ne s’y récolte pas assez de blé pour leur usage. Au con-traire, la Grande-Bretagne a des manufactures de quoifournir d’objets fabriqués tous les pays ensemble, etdes navires assez pour faire le commerce du monde. Entissus de coton seulement, elle exporte une longueurégale à 120 fois le rayon du globe terrestre, et en cotonfilé assez pour fabriquer une quantité de tissus équiva-lente à la moitié de cette longueur extraordinaire. Lesfabriques de cotonnades de 1!Europe continentale pour-raient être frappées par le feu du ciel ; au bout d’un an oudeux les consommateurs auraient cessé de s’en ressentir;l’Angleterre serait en mesure de vêtir leurs personneset de draper leurs maisons. Il y a tel maître de forgesanglais, qui, si on le pressait bien, se chargerait de four-nir à la France la moitié du fer que réclament ses trente-cinq millions d’habitants. Les flottes marchandes ducontinent entier pourraient sombrer demain; bientôtl’Angleterre suffirait à opérer pour lui le service deséchanges, car c’est avant tout un peuple commerçant,une nation de marchands, comme disait Napoléon, enattachant à ce mot un sens qu’assurément je ne voudraispoint lui donner ; car le grand Empereur oubliait, enlançant cette qualification comme un reproche acca-blant, que le commerce est le lien des nations, un desagents les plus actifs de la civilisation, un gage de paixparmi les hommes.

Par conséquent en Angleterre, il est naturel que lesinstitutions de crédit se présentent principalement sousla forme qui est adaptée aux besoins du négoce et de lagrande industrie manufacturière ; mais doit-il en être demême parmi les autres nations? Ce que nous devons de