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COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.
négligerai pas ce qui pourra vous éclairer sur les causesde ces désastres dont, au surplus, le retour est beaucoupmoins à craindre depuis que les nations les plus civili-sées ont soumis leurs dépenses publiques à un contrôleeffectif et accepté la publicité de leurs comptes.
Dans le cours de l’an dernier, j’ai appelé votre atten-tion sur une heureuse application du crédit public qui aété proposée et mise en pratique chez quelques nations,et particulièrement chez nous. Je veux parler de la ga-rantie d’un minimum d’intérêt. Je vous ai indiqué plu-sieurs avantages de cette combinaison financière. J’auraioccasion de vous la recommander de nouveau.
Notre patrie tire sa principale force de l’agriculture.En France, quand on nomme le crédit industriel, le sensle mieux approprié du mot devrait donc être le créditagricole. Chez nous pourtant le crédit agricole n’existepas ; il n’y a que l’usure agricole. Par l’ensemble de leurorganisation, et à cause de la brièveté des délais qu’ellesaccordent, les institutions de crédit les plus répanduesaujourd’hui, les banques, par nous empruntées à d’autrespeuples plus commerçants qu’agriculteurs, sont impro-pres à assister l’agriculture dont les opérations sont delongue haleine. Leur inaction en face de l’agriculture,qui demandait secours, était forcée; mais nous n’avonsrien fait pour y suppléer. La propriété territoriale sem-blerait devoir être le meilleur et le plus assuré des gages :il n’en est rien, c’est un gage contesté qui excite la mé-fiance. Tel est le fâcheux effet de dispositions législativesque des hommes très-éclairés pourtant, les auteurs denotre Code civil, avaient crues fort avantageuses à lapropriété, et qui ne le sont qu’à la chicane. Cette situa-tion de l’agriculture vis-à-vis du crédit est une descauses qui retardent le plus dans notre patrie la progres-sion de la richesse publique. Le bien-être se répand chez