QUATRIÈME DISCOURS D’OUVERTURE. 67
nous, parce que la France maintenant aime le travail ;elle y a pris goût, elle s’y livre presque avec passion.Combien cependant le mouvement d’amélioration nes’accélérerait-il pas, si le crédit agricole était constitué,et que le cultivateur pût emprunter des fonds à un tauxpareil au revenu net des terres, c’est-à-dire à 3 pour 100ou à 3 et demi, au lieu de 5, de 7, que dis-je? de 10 et 15pour 100! car l’agriculture, en France, en est encoreà subir ces conditions léonines, et par l’effet des mêmescauses elle s’endette sans cesse. Elle est grevée mainte-nant d’une dette notoire de huit milliards, sans parlerde celle qui ne figure pas sur le registre des hypothèques.
Nous donnerons donc une attention particulière aucrédit agricole ; nous analyserons les causes qui, cheznous, le paralysent ou l’empêchent d’être. Nous exami-nerons si nos voisins ne nous offrent pas à ce sujet desexemples précieux, et nous verrons qu’en effet, dans lenord de l’Europe, le crédit agricole a été organisé demanière à donner des résultats admirables. Ces résultats,je vous les ferai connaître au moins sommairement; et,puisque c’esl du Nord aujourd’hui que nous vient la lumière ,nous interrogerons la législation de ces pays, afin desavoir les modifications qu’il conviendrait d’apporter àla nôtre.
Pour aujourd’hui je n’ai d’autre but que de voussignaler quelques-uns des caractères qui sont propresau crédit, et de vous présenter une mesure approxima-tive des effets qu’il a obtenus, des éléments d’actionqu’il lui a été donné de réunir, des traces de son pou-voir qu’il a laissées sur quelques points de la terre.
Observons, par la pensée, la première générationde la richesse. Placé sur la terre avec le sentiment deses destinées indéfinies, avec la conscience que, quelleque fût la puissance des éléments, il en était le maître