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Réunion de tous les discours d'ouverture - leçons / par Michel Chevalier
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QUATRIÈME DISCOURS DOUVERTURE. 71

fraction notable de son capital ainsi absorbée. Cette por-tion du capital est utile assurément ; mais elle ne con-court pas directement à la production, et tout ce quonen pourra distraire sans compromettre ni gêner les trans-actions, équivaudra parfaitement à une acquisition nou-velle, à un accroissement absolu de la richesse publique.Un des plus grands maîtres de léconomie politique lanettement énoncé en ces termes : « Lor et largent qui« circulent dans un pays peuvent se comparer précisé-« ment, dit Adam Smith, à un grand chemin qui, tout en« servant à transporter au marché tous les grains et les« fourrages du pays, ne produit pourtant par lui-même« ni un seul grain de blé ni un brin dherbe. Les opéra-it tions dune banque sage, en ouvrant en quelque ma-lt nière une espèce de grand chemin dans les airs, don-« nent au pays la facilité de convertir une partie de ses« grandes routes en bons pâturages et en bonnes terres« à blé, et daugmenter par son produit territorial et« le revenu de son travail. »

Sous ce rapport notre patrie a beaucoup à attendre.Sur 8 milliards environ dont se compose le capital mo-nétaire de lEurope, la France détient à elle seule, pourson usage, 3 milliards, 3 et demi peut-être. Elle nenaurait que 1 milliard 100 millions, si la répartition étaitfaite au prorata de la population. LAngleterre, dont lapopulation nest inférieure à la nôtre que dun cinquième,et qui fait des échanges certainement plus considérables,possède à peine un numéraire de 1 milliard 200 mil-lions. Avec la même quantité despèces, nous aurionsassurément tout ce que le besoin des transactions peutréclamer. Pour continuer la comparaison dAdam Smith,nous avons procédé, en constituant notre signe repré-sentatif, à la façon des ingénieurs du temps de Louis XIV,qui, lorsquils ont tracé les routes royales, leur ont donné