QUATRIÈME DISCOURS D’OUVERTURE. 71
fraction notable de son capital ainsi absorbée. Cette por-tion du capital est utile assurément ; mais elle ne con-court pas directement à la production, et tout ce qu’onen pourra distraire sans compromettre ni gêner les trans-actions, équivaudra parfaitement à une acquisition nou-velle, à un accroissement absolu de la richesse publique.Un des plus grands maîtres de l’économie politique l’anettement énoncé en ces termes : « L’or et l’argent qui« circulent dans un pays peuvent se comparer précisé-« ment, dit Adam Smith, à un grand chemin qui, tout en« servant à transporter au marché tous les grains et les« fourrages du pays, ne produit pourtant par lui-même« ni un seul grain de blé ni un brin d’herbe. Les opéra-it tions d’une banque sage, en ouvrant en quelque ma-lt nière une espèce de grand chemin dans les airs, don-« nent au pays la facilité de convertir une partie de ses« grandes routes en bons pâturages et en bonnes terres« à blé, et d’augmenter par là son produit territorial et« le revenu de son travail. »
Sous ce rapport notre patrie a beaucoup à attendre.Sur 8 milliards environ dont se compose le capital mo-nétaire de l’Europe, la France détient à elle seule, pourson usage, 3 milliards, 3 et demi peut-être. Elle n’enaurait que 1 milliard 100 millions, si la répartition étaitfaite au prorata de la population. L’Angleterre, dont lapopulation n’est inférieure à la nôtre que d’un cinquième,et qui fait des échanges certainement plus considérables,possède à peine un numéraire de 1 milliard 200 mil-lions. Avec la même quantité d’espèces, nous aurionsassurément tout ce que le besoin des transactions peutréclamer. Pour continuer la comparaison d’Adam Smith,nous avons procédé, en constituant notre signe repré-sentatif, à la façon des ingénieurs du temps de Louis XIV,qui, lorsqu’ils ont tracé les routes royales, leur ont donné