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COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.
une largeur double au moins de ce qui était nécessairepour la circulation des hommes et des choses. Ainsila France emploie de trop au service de ses échangesun capital de 1 milliard et demi au moins, et nous per-dons tous les ans les revenus que nous rapporterait cecapital, si nous le retirions de cette stérile destinationpour l’appliquer à des travaux utiles. Or, par des insti-tutions de crédit et de circulation bien combinées, ilserait possible avec le temps, l’éducation publiqueaidant, d’opérer cette réduction de notre numéraire à1 milliard 200 millions. Ce serait exactement comme siune somme de 1 milliard et demi à 2 milliards et plustombait du ciel, et que nous la trouvassions d’aventure.
Les banques rendent au commerce une infinitéd’autres services. Je pourrais, par exemple, citer lesfacilités qu’elles donnent aux capitaux pour se mouvoird’un point à un autre, et pour figurer successivement, àde courts intervalles, dans des transactions qui s’accom-plissent en des lieux séparés par de grandes distances,comme ces troupes infatigables qui se multipliaient dansles dernières guerres sous la main de généraux habiles,pour vaincre coup sur coup, au Midi et au Nord.
Dans un autre ordre d’idées, les banques accoutumentles hommes à remplir leurs engagements avec ponc-tualité. L’habitude de la ponctualité, outre qu’elle éco-nomise le temps qui vaut de l’argent, permet à un pays,avec un capital donné, de mener à bonne fin une massed’affaires beaucoup plus forte. Cette habitude que lesbanques imposent aux commerçants et aux manufactu-riers est plus qu’une pratique profitable, c’est une vertu.
Et que le mot de vertu, placé ici, ne vous surprennepas. Ne soyez pas étonnés de me voir mêler des consi-dérations morales à ces aperçus sur le crédit. Rien deplus naturel au contraire.