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QUATRIÈME DISCOURS D’OUVERTURE.
«Aujourd’hui, le voyageur, qui, du littoral, s’avancevers l’ouest, rencontre à perte de vue des villes popu-leuses et bien bâties, d’élégants villages dont en Europeje n’ai vu les pareils que sur la scène de l’Opéra, deschamps couverts de riches moissons. A ses regardss’offre une population robuste, dont l’extérieur annonceun bien-être extraordinaire, et qui est à un degré remar-quable familière avec tout ce qui, dans les connaissanceshumaines, est immédiatement applicable à la productionde la richesse. Il marche devant lui des centaines delieues et des centaines encore, et c’est toujours le mêmetableau. Toujours et partout, sur les lacs et sur les fleu-ves, des navires splendides que la vapeur met en mou-vement, aussi nombreux que les plus célèbres flottesdont l’histoire ait gardé le souvenir ; de fleuve à fleuve,d’un lac à un autre, et de chaque métropole aux villesvoisines, ces constructions dispendieuses que noussommes habitués à considérer comme les apanages de lacivilisation la plus perfectionnée, je veux dire des ca-naux et des chemins de fer, que ce peuple a exécutés,dans un délai de trente ans, en quantité égale à tout cequ’en possède aujourd’hui l’Europe qui travaille à saviabilité depuis des siècles. La surface qui a été ainsiappropriée à la civilisation couvre la majeure partie d’undemi-continent. Elle égale quatre ou cinq fois la super-ficie de notre France, qui compte pourtant parmi lesgrands empires. Or, si vous recherchez les causes aux-quelles doit être attribué ce qu’il est permis d’appelercette seconde création, vous trouverez que sans doute lesavantages naturels du pays, la fertilité des terres, la mul-tiplicité et la grandeur des fleuves ont puissamment aidéà l’accomplissement de cette belle oeuvre. Pareillementil vouâ sera impossible de ne pas rendre hommage à lapassion intelligente pour le travail dont ce peuple mst
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