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Réunion de tous les discours d'ouverture - leçons / par Michel Chevalier
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96 COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.

charges imprévues de l’État, le mieux est que tous lescitoyens s’imposent un sacrifice direct. Mais au delà d’uncertain point qui est variable selon les temps et les lieux,l’impôt obère les citoyens et tarit les sources de la pros-périté nationale. Une fois que ce point a été atteint,au lieu d’aller au delà, il convient de recourir à l’em-prunt. L’emprunt est une opération indispensable à toutgouvernement qui, ayant déjà tendu' fortement la cordede l’impôt, est contraint par les circonstances à se pro-curer une somme plus forte encore. L’emprunt, je vousle disais en commençant, sied à un gouvernement qui vasubir une guerre et qui a de grands préparatifs à faire,de puissants armements à organiser. Il se recommandeparfaitement aussi à un gouvernement qui, voulant uti-liser les loisirs de la paix, s’est proposé d’achever dans uncourt délai de vastes améliorations, et se conduit d’aprèscette maxime, que le gouvernement le plus économen’est pas celui qui dépense le moins, mais bien celui quidépense le mieux.

En vous parlant ainsi, je ne suis pourtant point deceux qui pensent qu’une dette est utile et qu’un peupleendetté est dans de meilleures conditions qu’un peuplequi ne doit rien. Je ne partage point ce système optimistequi a, même parmi les hommes d’Ëtat, plus d’un prosé-lyte. Si cette opinion, que je repousse, a acquis quelqueconsistance et a séduit quelques têtes politiques, c’est parl’effet d’une illusion. On a été frappé de quelques avan-tages indirects qui ressortaient de l’existence d’une dettepublique, èton en a conclu qu’un État bien constitué nepouvait se passer d’une forte dette. Mais c’est faute d’avoirtenu compte d’une des lois qui président à l’ordre géné-ral des sociétés et du monde, et qui attestent le plushautement les pensées bienveillantes de la Providence,à savoir, qu’il n’est pas d’événement funeste qui n’ait