H 2 COURS D'ÉCONOMIE POLITIQUE.
avons quelque chose à faire, un grain de sable à ajouterà la masse toujours croissante qui représente le progrèsdu genre humain, afin qu’en quittant cette demeure, nousemportions la conscience de ne pas y avoir été inutiles.De l’un, à qui la Providence a beaucoup donné, l’es-pèce humaine est en droit d’attendre un gros héritage,tandis que l’autre s’acquittera et méritera de la récon-naissance en offrant le denier de la veuve. Dans l’indus-trie, comme ailleurs, tous tant que nous sommes, nousavons un tribut à payer. Le plus sûr moyen de découvrirces perfectionnements, grands ou petits, ou de se lesapproprier pour ensuite les léguer à d’autres, consiste àobserver les opérations de l’industrie et à les rapprocherdes principes de la science, et on y est bien plus apte,quel qu’on soit, lorsque par l’éducation on est devenuun peu familier avec la raison intime des choses.
Cet accord de l’idée avec l’action, de la théorie avec lapratique, semblerait devoir ne soulever aucune objec-tion, et obtenir, au contraire, l’assentiment universel.Penser et exécuter, concevoir et agir, ne sont-ce pas,en effet, les deux faces de la vie? L’un n’est-il pas lecomplément nécessaire de l’autre? Comprend-on l’hommeautrement que s’appuyant sur l’un et sur l’autre? Quipourrait songer à élever une barrière entre la théorieet la pratique, du moment que toute théorie n’est autrechose que de l’expérience ou de la pratique accumuléeet condensée, et que toute pratique n’est qu’une idéeou une théorie sortant des limites de l’abstraction pourprendre corps et se manifester par des actes? Que sa-vons-nous, qui ne soit une interprétation de la pratiquede la nature? Que faisons-nous, qui ne soit l’applicationde quelques-uns des secrets que nous avons dérobés à lasagesse infinie pour en composer notre science?
Oui, Messieurs, et c’est bon à rappeler à la science,