SIXIÈME DISCOURS D’OUVERTURE. -125
comme tous les services publics ; on ne se montre pasexigeant en réclamant pour ses nourrissons les mêmessoins dont on entoure ceux de la guerre.
Enfin, Messieurs, on est dans la ligne du bon senslorsqu’on demande que les jeunes générations soient pré-parées par l’enseignement qu’elles reçoivent à l’existencequ’elles doivent mener. Partout et toujours on a réglél’éducation de la jeunesse sur la donnée principale del’activité sociale; or, aujourd’hui cette donnée, c’estl’industrie agricole, manufacturière, commerciale. Onest dans la ligne delà justice, et on se montre animéde l’esprit de la civilisation moderne en réclamant quecette initiation s’étende, dans une mesure proportion-nelle, à tous ceux qui ont le droit de cité. II faut deshommes faire de bons citoyens, autant que l’instructionproprement dite y peut quelque chose; c’est à plusieurségards l’affaire de l’enseignement littéraire, qui a missionde traduire devant la jeunesse les actions des grandshommes, et de lui graver dans la mémoire la plus belleexpression des nobles sentiments qui font battre lecœur humain. Mais il faut aussi qu’ils soient des citoyensutiles, qu’ils aient les connaissances reconnues indis-pensables pour prendre part, chacun selon sa positionet son aptitude, soit aux travaux de l’industrie, soit àceux de l’administration publique, soit à l’exercice desprofessions libérales telles qu’elles doivent être dans unesociété livrée à l’activité industrielle. C’est pour celaqu’il faut combiner avec l’enseignement littéraire l’étudedes sciences positives présentées par leur côté utile plusencore que par leur côté spéculatif, et façonner la jeu-nesse à appliquer ces connaissances précieuses ou à enapprécier l’application.
Désormais, un système d’instruction publique quin’offrirait pas l’association de ces deux éléments combi-