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SEPTIÈME DISCOURS D’OUVERTURE.
vive souvent, âpre quelquefois, dans la satire qu’il a con-sacrée à l ’Équivoque ; car jamais on n’a autant disputéfaute de s’entendre.
A l’époque où Malthus prit la plume pour produire songrand ouvrage, d’une extrémité à l’autre de l’Europeune question était posée, qui, plus que jamais, occupeet les maîtres de la science, et les hommes d’État, et lesassemblées politiques, celle de l’amélioration du sort duplus grand nombre des hommes. Mais alors, on ne ladiscutait pas, selon les formes qui conviennent à un aréo-page de législateurs ou de savants. On disputait, dans‘une arène baignée de sang, couverte de ruines et dedeuil, éclairée des lueurs d’un embrasement terrible.L’Europe était en feu ; le sol tremblait et les trônes s’écrou-laient. Les institutions des siècles passés étaient renver-sées, pêle-mêle, écrasant de leurs débris les hommesmêmes qui les avaient battues en brèche. Chez le peuplequi avait donné le signal de l’ébranlement général et dela conflagration universelle, en France, on adorait laRaison, et jamais on ne fut plus loin d’être raisonnable;jamais on ne s’était écarté davantage du calme bienfai-sant et de la modération dont la raison fait une loi. Onétait loyalement parti d’une vive sympathie pour lesclasses les plus nombreuses dont le sort était misérable,d’un généreux amour pour le genre humain tout entier,et on était arrivé fort sincèrement à des haines sangui-naires contre ses propres concitoyens 1 / encore plus contrel’étranger. C’est que les passions publiques, excitées pardes hommes audacieux et bravées par des insensés,avaient brisé leurs liens et étaient devenues souverainesabsolues. Toutes les fois qu’un peuple s’abandonne à sespassions, il s’expose à des aberrations épouvantables.S’il est vrai, comme un philosophe l’a dit, que les pas-sions soient les vents qui gonflent les voiles du navire, il
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I.