158 COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.
mais du point de vue économique, il est de nulle valeur.Ce n’est pas avec ce travail-là que Pénélope tenait samaison ; heureusement pour elle, elle avait d’autres re-venus. La société, au contraire, n’a pour vivre que lesfruits de son travail. L’homme d’État, ainsi que l’écono-miste, prise le travail en raison de sa fécondité. L’objetqu’on doit se proposer en traçant les lois qui concernentle travail est, non d’avoir le plus de travail possible enfaisant abstraction de la proportion des produits créés,mais bien d’obtenir là plus grande masse possible deproduits en retour du travail des populations. C’est ainsique la nation arrive à mieux satisfaire ses besoins, c’estainsi que le genre humain se soustraira à la lèpre de lamisère. Or, il est facile de voir que le maximum des pro-duits répond à la liberté du commerce. Il y a deux rai-sons pour cela. D’abord, avec la liberté du commerce,chaque peuple se livre de préférence aux industries où ilexcelle. Par la voie des échanges, chacun tire ensuite del’étranger, contre ses propres productions, celles quel’étranger fait mieux que lui et peut donner à plus basprix. Chaque peuple alors fait davantage de ce qu’il faitle mieux, et s’approvisionne chez les autres de ce que lescirconstances naturelles ne lui permettent pas d’exécuteraussi bien. Pour le même travail, on a plus de produitsde toute sorte, parce qu’on a multiplié la fécondité deson propre travail par la fécondité du travail d’autrui.En second lieu, par la liberté du commerce, le champ dela concurrence est agrandi. Les industries, nécessaire-ment nombreuses, qu’on exerce en même temps qued’autres peuples, en reçoivent une impulsion plus active.Alors tous les perfectionnements accomplis au dehorsfranchissent aussitôt les frontières. Telle fabricationdont on n’aurait pas eu l’idée si l’on eût été clos d’unemuraille, vient s’acclimater dans le pays, parce que l’é-