NEUVIÈME DISCOURS D’OUVERTURE.
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thode collective, et qui alors a de grands succès. Commecorrectif de l’isolement absolu et des écarts de l’intérêtpersonnel, l’économie politique a signalé aux hommesle bien qu’ils avaient à attendre de l’association. Lesmaîtres de la science ont décrit les formes que l’associa-tion pouvait prendre pour subvenir aux divers besoinsde notre nature. Ils distinguent l’association pour laproduction, l’association pour la consommation, l’asso-ciation pour l’épargne, et ils ont fait ressortir la puissancede la solidarité sous mille aspects. L’un des derniers tra-vaux économiques de l’homme illustre, si glorieusementmort il y a quelques mois, auquel j’ai eu l’honneur desuccéder dans cette chaire, était consacré précisément àexposer les vertus de l’association pour l’améliorationdu sort des classes ouvrières (1).
Une des meilleures définitions qui pourraient êtredonnées de l’économie politique serait de dire que c’estl’application des principes généraux du droit public,existant et reconnu, à l’échange des produits et des ser-vices entre les hommes. Ces mots, des principes générauxdu droit, nous révèlent aussitôt combien porte à faux lereproche articulé contre l’économie politique d’être unescience sans générosité, sans abandon, sans entrailles.Quand un magistrat est sur son siège et qu’il juge unprocès entre mon voisin et moi, je ne puis lui demanderd’être généreux, ni d’avoir de l’abandon, ni de se laisseraller à la sensibilité de son cœur. Car s’il est sensible,pourquoi le serait-il en ma faveur plutôt qu’en faveurde ma partie adverse? Tout ce que je puis réclamer delui, c’est qu’il soit juste, qu’à l’image de la loi, il resteinflexible sur le terrain de l’équité, sans que jamais ce
(1) Notice sur Malthus, insérée en tète des œuvres de celui-ci dans lagrande collection Guillaumin,