198 COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE,
l’influence de causes morales, intimes et profondes.Vous savez trop bien l’histoire, Messieurs, pour que j’aiebesoin de vous le démontrer: Jamais une société de quel-que importance n’a disparu que parce que son moralétait gangrené. Les sociétés ne meurent que de corrup-tion, vice qui, malheureusement, prend beaucoup deformes, et a prise sur notre débile nature de bien descôtés. V
Quand l’existence de la société est en péril c’est doncdans les mœurs, c’est-à-dire'dans l’ensemble des senti-ments régnants et des idées dominantes, qu’il faut en cher-cher les causes. Il convient d’examiner sous l’influencede quels sentiments et de quelles idées sont placés lesindividus, dans les circonstances accoutumées de la vie.L’instruction publique est au nombre des sources d’oùsortent ces sentiments et ces idées. C’est donc, en pareilcas, une obligation sacrée pour tous ceux qui partici-pent à l’enseignement, de se livrer à un consciencieuxexamen de tout ce qu’ils enseignent. Ils ont à faire pas-ser par le creuset de la critique toute la matière qu’ilsse proposent de répandre, afin d’en écarter ce qui s’yrencontrerait d’alliage corrupteur.
Telle est l’analyse que, cette année, jè ferai subir àl’économie politique. Nous passerons én revue les idéesfondamentales de cette science, et les principales con-clusions qu’elle déduit de ses principes. De cette manière,nous nous acquitterons d’un devoir envers la sociétéet envers la science ellë-même. Si nous parvenons àprouver que les cônseils dé l’économie politique sontconformes à la morale, qu’ils favorisent non-seulementle progrès de là richesée, niais''encore le progrès desmœurs publiques et de la publique raison, la consé-quence sera qu’elle doit être chère aux hommes debien et aux bons esprits, et, ce qui n’importe pas moins