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COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.
ce rapport, je vous demande pardon de vous le faire re-marquer, m’a toujours vivement préoccupé. La pre-mière fois que je montai dans cette chaire, en remplace-ment du professeur illustre que depuis a frappé lepoignard d’un assassin, ce fut comme un cri qui s’é-chappa de ma poitrine: Non, l’économie politique n’estpoint matérialiste ni matérielle. L’industrie, c’est-à-direl’ensemble des opérations par lesquelles l’homme créela richesse de toute espèce, l’industrie, dont l’économiepolitique a pour objet d’analyser l’organisation et dediscuter les transactions, n’est point matérielle elle-même; c’est au contraire l’esprit humain qui lutte pours’affranchir de la servitude des besoins matériels, l’esprithumain qui se fait dans ce bas monde un séjour en rap-port avec sa dignité ; l’esprit humain qui, de la matière,tire pour lui-même un piédestal, un trône.
Une des grandes intelligences de notre temps, un phi-losophe célèbre l’a dit profondément dans un morceausur Adam Smith (1) :
« Qu’est-ce que le travail, sinon le développement dela puissance productive de l’homme, l’exercice de laforce qui le constitue? Le capital primitif, qu’on a tantcherché, est cette force dont l’homme est doué et à l’aidede laquelle il peut mettre en valeur toutes les chosesque lui présente la nature, dès qu’elles sont en rapportavec ses besoins. Les valeurs premières sont les premiersproduits de l’énergie humaine, dont elle tire sans cessede nouveaux produits, qui vont se multipliant, et re-présentent les emplois divers et successifs du fonds pri-mitif, à savoir, de la puissance productive de l’homme.
« Or, cette puissance productive, cette force qui con-
(I) Adam Smith, par M. Cousin ; Séances de l'Académie des sciencesmorales et politiques, t. X, p. 450.