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Réunion de tous les discours d'ouverture - leçons / par Michel Chevalier
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ONZIÈME DISCOURS D OUVERTURE. 241

des populations? Ainsi, la guerre elle-même témoigne enfaveur de notre thèse, que la civilisation, dans ses diversesmanifestations, même dans celles dont l’humanité gémit,implique le progrès du bien-être général.

Ce n’est pas seulement pour quelques-unes des classesde la société que le désir du bien-être, entendu commenous venons de le dire, est légitime. Dans les sociétésantiques, une classe très-nombreuse était fatalementvouée à une misère héréditaire, en même temps qu’àl’avilissement. C’étaient les esclaves qui formaient plusque la majorité dans les États les plus renommés. L’es-clave n’était pas un homme, c’était une chose. Il étaitabreuvé de privations et d’opprobre dans tout son être,dans son âme comme dans son corps ; pour lui, pas deplace dans le temple, pas de droit dans la cité, et il vivaitdans une misère abjecte. Dans les sociétés modernes, iln’y a plus de profanes et il n’y a plus d’ilotes. La classela plus nombreusè a sa place au pied des autels commeles heureux du siècle. Le Dieu qu’adorent les chrétiensne distingue pas entre le fils des rois et le fils du men-diant. Dans l’État, le principe de l’égalité de tous devantla loi est une conquête désormais au-dessus de touteatteinte. Le champ de l’espérance est donc ouvert devantle pauvre dans tous les sens. Donc aussi pour lui l’am-bition d’arriver au bien-être est légitime sous des condi-tions que j’aurai à signaler. Sous ces conditions, il estparfaitement autorisé à croire que ce n’est plus qu’unequestion de temps ; autrement la politique moderne neserait tout entière qu’un grossier mensonge.

Ainsi, que vous consultiez la religion, que vous vousadressiez aux principes de la politique, que vous vousinformiez de ce qui est nécessaire désormais à la gran-deur et à la prospérité des États comme au contentementdes individus, vous recevrez toujours la même réponse :

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