Buch 
Réunion de tous les discours d'ouverture - leçons / par Michel Chevalier
Entstehung
Seite
247
JPEG-Download
 

247

ONZIÈME DISCOURS D’OUVERTURE.

de personnes malheureuses qu’il sera aisé de secourir,et sauf les hommes ennemis du travail et vicieux quiforment une catégorie à part et non pas une classe, etqui ont perdu le droit de se plaindre, si ce n’est d’eux-mêmes. Mais vous me demanderez peut-être une preuveplus philosophique; vous voudrez savoir par quel méca-nisme et suivant quelles lois ce progrès s’est réalisé etpeut se continuer ? Sans entrer ici dans de longs déve-loppements que je réserve pour la suite de ce cours, jevais essayer pourtant de vous satisfaire par quelques ob-servations succinctes.

La planète où la Providence nous a jetés, contient,dans les terrains d’alluvion placés à sa surface, dans lesrochers dont ses flancs sont formés, dans les fleuves quil’arrosent ou dans l’atmosphère qui la baigne, la matièrede tous les objets qui sont nécessaires à la satisfactionde nos besoins. L’homme n’a pas la puissance de créerun atome ; c’est par orgueil qu’il s’arroge ou décerne àses semblables la qualité de créateur. Mais, par son tra-vail intelligent, il peut atteindre et rapprocher les maté-riaux divers qui sont épars dans le monde. Tous lesefforts de l’industrie humaine, tous les actes qu’accom-plissent l’agriculture, les manufactures et le commercetendent à saisir, à extraire, à combiner, ou finalement àplacer sous notre main, toutes prêtes pour notre usage,des substances créées par la volonté divine. C’était à l’ori-gine des temps un travail très-ingrat, parce que l’homme,à peu près réduit alors à la force de ses bras, en présencede cette nature dont il ignorait les secrets, était frappéd’une impuissance qui semblait radicale, indélébile. Maisl’intelligence que nous avons reçue en partage, avecl’obligation de nous en servir pour faire notre destinée,nous fournit les moyens, lorsqu’elle est guidée par lesbons sentiments de notre nature, de surmonter de très-