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Réunion de tous les discours d'ouverture - leçons / par Michel Chevalier
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ONZIÈME DISCOURS D’OUVERTURE. 249

Il est des cas où ce ne serait pas encore dire assez. Lesagents naturels que l’homme, être physiquement débile,a réussi à dominer par l’ascendant de l’esprit qu’il a enlui, qui est lui, lui rendent de telles services qu’il est descirconstances où la proportion même du centuple, toutincroyable qu’elle est au premier aspect, est considéra-blement dépassée. Dans quelques-uns des cours précé-dents, j’ai eu occasion de vous présenter quelques calculstouchant ce sujet. J’ai constaté à vos yeux que des décou-vertes ou de nouvelles applications d’idées anciennementacquises avaient, dans quelques industries, multiplié la■puissance effective de l’homme dans un rapport quel-quefois bien supérieur à celui d’un à cent. Je vous ai si-gnalé, par exemple, la filature mécanique du coton, quin’a pas un siècle d’existence (elle date de 1769); dansce court intervalle, elle s’est tellement perfectionnéepar l’invention successive d’appareils qui placent dansla main de l’homme une puissance prise en dehors deses muscles, qu’aujourd’hui une personne appliquée à cetravail dans les grands ateliers de Manchester ou de Mul-house, produit dans sa journée 360 fois autant de fil quela fileuse d’autrefois. Je vous ai cité la filature méca-nique du lin, qui est bien plus fraîche de date, car ellene remonte guère qu’à vingt-cinq ans, où une personneaujourd’hui fait, par l’assistance de moteurs mécaniques,250 fois le fil qu’obtenait la ménagère avec sa quenouilleen s’y consacrant du matin au soir. Parmi tous lesexemples que j’ai fait comparaître devant vous, un autreplus extraordinaire encore, est celui qu’offrent les cheminsde fer, quand on les compare aux moyens de transportqui étaient usités alors que l’homme n’avait pas domptéencore les bêtes de somme, ordre de choses que FernandCortez retrouva, il y a trois cents ans seulement, dansle vaste empire de Montézuma. Rappelez-vous que les