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COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.
A l’aide de ce mécanisme, bien simple assurément,l’homme exécute, en se jouant, une œuvre qui exigeraitdes tours de force extrêmes s’il était réduit à l’usage deses doigts.
De cette façon, les machines paraissent engendrer dela force par elles-mêmes ; mais ce n’est qu’un phé-nomène apparent. Le marteau et le rouet, dans les deuxexemples que nous venons de citer, n’ont d’autre ef-fet que de procurer un meilleur emploi de la force del’homme. Loin de produire de la force, les machines lesplus perfectionnées en consomment, et les mécaniciens es-timent qu’une machine est très-bonne, quand elle utiliseles trois quarts de la force naturelle qui lui est confiée.
Mais la plus grande utilité des machines, consiste ence qu’elles nous servent à ployer à notre usage et à fairetravailler à notre profit une force immense répanduedans la nature. Par les roues hydrauliques, nous avonsconverti en instruments de production les chutes d’eau,qui existent en si grande abondance sur toute la surfacede la terre. Par les moulins à vent, nous avons fait del’atmosphère qui nous environne un moteur presqueindéfini. Par les machines à vapeur qui se sont tant ré-pandues depuis cinquante ans, nous avons transforméen un travailleur d’une infatigable énergie un élémentque nous pouvons susciter partout, selon notre gré, lefeu. Car le premier nom des machines à vapeur étaitcelui de machines à feu ; pour le dire en passant, cenom était plus exact et plus philosophique que celuiqui a prévalu, puisque le feu qu’on emploie à vaporiserl’eau pourrait servir à développer la force élastique d’unautre liquide ou d’un gaz. On pourrait, par exemple,l’appliquer à dilater de l’air, et des hommes très-com-pétents croient qu’on y trouverait de l’avantage.
Quel que soit, au reste, le mode d’action des machines