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COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.
léans, que préoccupait justement la détresse de la se-conde ville de France, fit don d’une somme de 50.000 fr.La métropole s’en était pareillement émue : un concert,qui y fut donné à cette intention, rapporta près de 20,000f.Il y eut 126,610 fr., dont la commission put disposerpour parer à une perte de salaire qu’on pouvait éva-luera 2 millions de francs par mois. Après avoir délivrédes feuilles de route aux ouvriers qui n’étaient pas do-miciliés à Lyon et qui appartenaient à des départementsun peu éloignés, après en avoir casé quelques-uns dansles villes voisines, et déduction faite de ceux qui, ayantdes économies, étaient en situation d’attendre, il restaitencore environ six mille ouvriers sans ouvrage et parconséquent sans pain. Telle était la difficulté à laquelle ilfallait pourvoir. N’eût-on donné à ces ouvriers que vingtsous par jour, ce qui eût été une maigre pitance, ladépense quotidienne eût été de six mille francs. Tout ceque possédait la commission eût été absorbé en moinsde trois semaines, et la crise a duré environ huit mois !Yoici ce que fit la commission : Elle prit en adjudicationdifférents travaux utiles qui dépendaient de la ville, del’administration militaire, des Ponts-et-Chaussées : laconstruction d’un entrepôt, d’un abattoir, d’une route,d’un cimetière, de plusieurs forts et d’une digue, tousouvrages qu’il eût fallu exécuter dans tous les cas. Cefut la planche de salut. On ouvrit successivement desateliers sur divers points. Un minimum de salaire detrente sous par jour fut convenu, mais tout ouvrierfaisant à la tâche un supplément de besogne pouvait ga-gner jusqu’à trois francs par jour; dans ce moment dedétresse, c’était une rémunération très-satisfaisante.On prit les mesures les plus strictes et les mieux com-binées pour que chaque ouvrier reçût intégralementle prix de sa tâche; on plaça les hommes mariés ou