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COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.
Combien de fois n’est-il pas arrivé que des événementsou des actes de peu d’importance et quelquefois futilesaient eu le privilège d’absorber l’attention publique etde préoccuper les générations qui en étaient spectatrices,comme si c’eussent été les plus grandes affaires du genrehumain ; tandis que les faits qui étaient de nature àexercer une profonde influence, qui importaient à tousles hommes sans exception, étaient réputés infimes ousubalternes? Pendant une suite de siècles, parmi lessociétés européennes, les tournois, les expéditions té-méraires, les batailles, le siège d’une place fortifiée,une principauté à conquérir en Flandre ou à enleveren Italie d’un coup de main, ont été, au jugement duvulgaire, les affaires les plus sérieuses,-les seules quiméritassent de fixer l’attention des hommes. Au gré del’opinion dominante alors, qu’importaient, par exemple,les discussions des seigneurs avec les habitants des villessituées dans leurs domaines et les transactions par les-quelles on se mettait enfin d’accord? Et pourtant cesdiscussions et ces transactions préparaient l’affranchis-sement des communes. C’était le berceau d’où devaitsortir le tiers état pour tout maîtriser.
Que ces exemples nous profitent, Messieurs, et que lesluttes passionnées de la politique, les tournois parlemen-taires, les joutes brillantes de la tribune ne nous fassentpas méconnaître les intérêts vitaux qui se dissimulentsous une enveloppe sans éclat. Des mesures adminis-tratives qui ont pour objet de briser des cailloux et deles répandre sur une lisière de terrain plus ou moinsaplani, et la loi des chemins vicinaux, qui se révèle pardes agents tels que des piqueurs et des cantonniers, dé-pourvus de tout aspect poétique, tout cela peut, aupremier abord, ne sembler digne, que d’une considé-ration tout à fait médiocre. Gardons-nous néanmoins