NEUVIÈME LEÇON. 441
midi, dans le bas Languedoc, et on en commença un fortimportant, le canal de Bourgogne ; mais ce dernier étaitinachevé, et même peu avancé quand éclata la révolu-tion. A proprement parler, il n’est pas encore terminéaujourd’hui. Peu avant la révolution, l’on avait entre-pris le canal du Centre et le canal du Nivernais, eton s’était préparé à en ouvrir d’autres. Le gouvernementimpérial et celui des deux branches de la maison deBourbon ont continué ce qui était commencé, et y ontajouté de nouvelles lignes, surtout en vertu des lois de1821 et 1822, et de diverses lois rendues de 1836 à 1848.Leurs plus remarquables ouvrages sont le canal latéral àla Loire, les canaux de Bretagne, celui du Rhône auRhin, le canal latéral à la Garonne, le canal de la Marneau Rhin. L’industrie privée a aussi exécuté quelques li-gnes en France, non-seulement autrefois à la faveur du ré-gime municipal, mais de nos jours par le moyen des com-pagnies; citons à ce titre, parmi les canaux récents, le canalde Roanne à Digoin, et le canal de l’Oise à la Sambre. Ona de plus canalisé en France beaucoupde rivières au moyende barrages accompagnés d’écluses, et on a effectué, dansle lit de plusieurs autres, des améliorations utiles. Onestime que, indépendamment des canaux, nous possédonsen France 8,600 kilomètres de navigation fluviale (1).
Pendant le dix-huitième siècle et le commencement
(1) La France possède 13,100 lignes de navigation naturelles ou artifi-cielles, sur lesquelles 900 kilomètres environ ne permettent qu’une naviga-tion descendante. La distinction est difficile à faire entre les rivières et lescanaus, à cause des rivières canalisées qu’on pourrait ranger égalementdans l’une et l’autre catégorie. Toutefois on peut estimer que les rivièresproprement dites forment 8,600 kilomètres et les canaux 4,800. Je renvoiepour plus de détails à l’ouvrage déjii cité de M. Ernest Grangez.
Il résulte des relevés de M. Ernest Grangez (page 746), que , de 1821 à1883, ces deux années incluses, le total des dépenses faites pour amé-liorer le système de la navigation en France, s’élève a 636 millions, en ycomprenant la somme obtenue par les emprunts spéciaux de 1821 et 1822