ONZIÈME LEÇON. 493
de circonstances qu’en Angleterre le tarif avait pu géné-ralement être élevé sur chaque canal partiel, sans que lasomme des péages perçus, même pour le parcours en-tier, affectât, dans une proportion bien considérable, leprix des marchandises, de celles même qui, comme lecharbon, n’ont au point de départ qu’une faible valeur.Ensuite les canaux de la Grande-Bretagne, sauf une seuleexception (le canal Calédonien), appartiennent à descompagnies ; et s’il est vrai, en thèse générale, que lestarifs modérés, en provoquant le mouvement commer-cial, donnent des profits plus forts que les tarifs excessifs,il peut arriver cependant que le maximum de profit,que les compagnies sont toujours portées par leur na-ture même à rechercher, se rencontre avec des tarifsencore assez élevés. Enfin le commerce, en Angleterre,habitué à payer le transport fort cher sur les routes àbarrières, au lieu de murmurer contre les prétentionsdes compagnies des canaux, n’a songé pendant long-temps qu’à applaudir au rabais qu’elles lui offraient.C’est ainsi que celles-ci ont été portées à user et à abu-ser de la latitude que leur laissaient leurs actes deconcession, qui ne leur prescrivaient que des maximaexcessivement hauts.
Les circonstances sont complètement différentes pourles canaux de l’Union américaine. Les États-Unis couvrentun espace immense, où la population est clair-semée ; enconséquence, les lignes de communication ont dû avoirsouvent une étendue très-considérable, chez cette nation.On sait sur quel plan général a été conçu le systèmedes voies de communication américaines : 11 s’est d’abordagi principalement de rattacher l’une à l’autre les deuxrégions séparées par la chaîne des Alléghanys, qui s’é-tend à peu près parallèlement à la ligne du littoral, sur unelongueur d’environ 2,000 kilomètres, en occupant une